Le 10 octobre 2026, la Journée mondiale de la santé mentale portera pour thème « il est temps de prioriser la santé mentale au travail ». En France, le gouvernement a choisi de prolonger la santé mentale comme Grande Cause nationale pour 2026, et les Semaines d'information sur la santé mentale (SISM) tiennent leur 37e édition du 5 au 18 octobre. Un alignement de calendrier rare, qui place le sujet au travail au centre de l'agenda plutôt qu'en périphérie d'une communication interne annuelle.
Une cause nationale, pas un jour isolé
La reconduction de la Grande Cause nationale n'est pas une déclaration symbolique sans suite : elle mobilise l'ensemble des ministères et des relais publics autour d'un même calendrier de sensibilisation pendant plusieurs semaines, pas une seule journée. Pour une entreprise, cela change la manière de préparer l'échéance : le 10 octobre devient un point de départ visible dans un calendrier déjà installé, pas une date à inventer seul.
Ce que le Code du travail attend, au-delà de la journée
L'obligation ne s'arrête pas à une communication de sensibilisation. Depuis la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, le document unique d'évaluation des risques professionnels doit intégrer explicitement les risques psychosociaux, être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins onze salariés, et conservé pendant quarante ans. Un document unique qui ne comporte aucune section sur la charge mentale, le stress ou les situations de harcèlement est, à ce titre, incomplet au regard de l'article L.4121-3 du Code du travail.
Une journée de sensibilisation ne remplace pas un suivi continu
Le risque, pour beaucoup d'entreprises, est de traiter le 10 octobre comme un événement ponctuel : un atelier, une affiche, une intervention, puis un retour au silence jusqu'à l'année suivante. Or la littérature sur le sujet converge sur un point : la prévention des risques psychosociaux fonctionne par suivi répété, pas par pic d'attention isolé. Une entreprise qui mesure le climat social et l'humeur de ses équipes chaque semaine dispose, au moment de la Journée mondiale, d'un historique à présenter plutôt que d'une intention à formuler.
Ce qu'il faut retenir
La Journée mondiale de la santé mentale et son inscription dans une Grande Cause nationale offrent une fenêtre de visibilité utile pour remettre le sujet à l'agenda du comité de direction. Mais l'obligation légale, elle, ne se calque pas sur ce calendrier : elle est continue, documentée et vérifiable à tout moment de l'année, bien au-delà du 10 octobre.