Rentrée 2026 : ce que le baromètre santé mentale dit sur le coût de l’inaction

La rentrée fait remonter une charge mentale connue : reprise après les congés, objectifs annuels à recadrer, entretiens à planifier. Ce n'est plus seulement une impression partagée chaque année en septembre. Le Baromètre santé mentale et QVCT 2025 de Qualisocial, réalisé avec Ipsos-BVA fin novembre 2025 auprès de 3 000 salariés représentatifs des secteurs public et privé, donne une photographie récente et chiffrée de la situation.

Une amélioration réelle, mais partielle

Pour la première fois depuis la période Covid, le baromètre enregistre une amélioration : 77 % des répondants se déclarent en bonne santé mentale, soit plus de 800 000 salariés de mieux qu'à la précédente édition. C'est une bonne nouvelle, à condition de ne pas la lire comme un problème réglé. Une amélioration moyenne peut très bien masquer des situations qui, elles, continuent de se dégrader dans certaines équipes.

L'écart qui fait la différence

Le chiffre le plus utile du baromètre n'est pas la moyenne nationale, c'est l'écart entre deux populations : 86 % des salariés qui bénéficient d'un plan de prévention complet constatent une amélioration de leur santé mentale, contre une proportion nettement plus faible chez les autres. Or moins d'un salarié sur quatre dispose aujourd'hui d'un tel plan, et plus d'un tiers n'a accès à aucune action dédiée. La prévention n'est donc pas un supplément qui s'ajoute à la marge : c'est ce qui sépare concrètement une équipe qui va mieux d'une équipe qui stagne.

Un argument que la direction financière comprend aussi

Le baromètre chiffre également l'effet d'une progression de la qualité de vie au travail sur des indicateurs qui ne relèvent pas que des ressources humaines : dix points de QVCT gagnés sont associés à une baisse de l'absentéisme de 1,2 point, une baisse du turn-over de 3,4 %, et une hausse de la productivité de 1,4 %. La prévention des risques psychosociaux cesse ainsi d'être un sujet qui se défend uniquement par la conformité légale ; elle se défend aussi en comité de direction, avec des chiffres qui parlent à un directeur financier.

Ce qu'il faut retenir

La rentrée est le bon moment pour vérifier si un plan de prévention existe réellement, semaine après semaine, plutôt que d'attendre le pic de signalements qui suit habituellement en octobre et novembre. La différence entre une entreprise où la santé mentale s'améliore et une entreprise où elle stagne ne tient pas à la bonne volonté affichée, mais à l'existence d'un suivi continu, pas seulement d'une intention formulée en début d'année.

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